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Kerlinou : bilan des fouilles archéologiques conduites par l’INRAP

13/05/2019

Kerlinou : bilan des fouilles archéologiques conduites par l’INRAP

LES TRAVAUX D’ARCHÉOLOGIE

Conformément à la réglementation et préalablement aux travaux d’aménagement et à l’installation de nouveaux habitants, 2 phases de diagnostics archéologiques se sont succédé, en 2015 puis en 2016, qui ont permis de déterminer les secteurs présentant un intérêt pour des fouilles plus approfondies.
Ainsi, une nouvelle phase de fouilles archéologiques a débuté en octobre 2018. Sur environ 4.5 hectares, pour une période de 7 mois, ces fouilles permettent de mettre en lumière l’histoire du site.
Les travaux confiés par BMa à l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) s’élèvent à un montant de 880 000 € TTC.

BILAN DES FOUILLES ARCHÉOLOGIQUES CONDUITES PAR L’INRAP

Des monuments funéraires de l’âge du Bronze et une ferme gauloise à Brest
Depuis le mois d’octobre 2018, une équipe d’archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) mène une fouille sur un site du quartier de Kerlinou, surplombant la rade de Brest (Finistère). L’opération est menée préalablement au projet d’aménagement de BMa de manière à sauvegarder par l’étude les vestiges archéologiques.
En amont, au printemps 2015 puis à l’hiver 2016, un diagnostic archéologique avait permis de détecter la présence de vestiges, conduisant l’Etat (Drac Bretagne – service régional de l’Archéologie) à prescrire une fouille sur 4,5 hectares du projet d’aménagement. Le travail des archéologues a permis de révéler de nombreux témoignages d’une occupation longue de plusieurs millénaires, dont les traces les plus anciennes, mais aussi les plus fugaces, datent du Néolithique. Le site se distingue notamment par la présence de plusieurs monuments funéraires de l’âge du Bronze et une ferme dont l’installation remonte au VIème siècle avant notre ère.

Un espace funéraire de la Protohistoire 

Les parties hautes du site sont fréquentées depuis le IIème millénaire avant notre ère, soit le début de l’âge du Bronze. Les occupants choisissent ce plateau dominant la rade de Brest pour enterrer certains membres de leur communauté, dans des tombes surmontées d’une masse de terre et délimitées par des fossés circulaires, appelées les tumuli. La fonction funéraire du site perdure au début de l’âge du Fer. Dans le courant du VIe siècle avant notre ère, la situation topographiquement privilégiée du site incite les populations à y ériger également des tumuli. Au total, les archéologues ont mis au jour huit monuments funéraires, au centre desquels se trouvait la tombe du défunt. Actuellement, aucune n’a cependant pu livrer d’ossement humain, ni de dépôt de céramique.

Une succession d’habitats

Dans la partie intermédiaire du site, aux abords de la rupture de pente, les archéologues ont mis au jour les vestiges de plusieurs occupations humaines qui se sont succédées depuis l’âge du Bronze jusqu’au Moyen Âge. Les données recueillies jusqu’à présent attestent la présence d’un habitat de l’âge du Fer. Il s’agit d’une ferme, aménagée au VIe ou au Ve siècle avant notre ère, au sein d’un enclos oblong d’une superficie de 2 200 m2 et délimité par un fossé. Une entrée est aménagée dans le point bas de l’enclos, au sud-est tandis qu’un grand bâtiment sur poteaux de bois d’une longueur de 18 mètres est installé sur le point haut, à l’ouest.

Tout au long des siècles suivants, jusqu’à la conquête romaine au Ier siècle avant notre ère, la ferme subit de multiples modifications. L’enclos est remanié à plusieurs reprises et le grand bâtiment est abandonné au profit de bâtiments plus modestes situés dans la partie nord. Des caves souterraines sont également creusées. Ces constructions particulières à l’Armorique du début de l’âge du Fer sont interprétées comme des structures de stockage. Leur comblement est composé à partir des matériaux des édifices précédents et de déchets de la vie quotidienne. Ainsi céramiques, clayonnage, blocs d’argile, charbons de bois, matériel lithique, faune (dont de nombreux coquillages) apportent aux archéologues divers témoignages de la vie quotidienne de ces ancêtres, qui seront étudiés lors des recherches en laboratoire, après la fouille du site.